: : Campagne Biodiversité : :
 
 
 

La pervenche de Madagascar pour lutter contre le cancer

   
 

Contrairement à ce que laisse penser son nom, la pervenche de Madagascar pousse également en Inde et, plus généralement sous les climats tropicaux. Autrefois baptisée « violette de sorcier », en référence à son utilisation dans les sortilèges et les philtres d’amour, elle fut ensuite consommée comme coupe-faim par des Polynésiens et des Philippins, en prévision de longs trajets en pirogue.

Dans les années 50, des scientifiques canadiens cherchèrent à s’en servir contre le diabète. Les résultats furent décevants, mais ils s’aperçurent que l’injection d’extraits de pervenche provoquait une chute considérable de globules blancs. Cette substance pouvait donc être intéressante contre la leucémie, maladie dont la caractéristique est un excès de globules blancs.

Au début des années 60, deux autres composants (la vindoline et la catharanthine) sont découverts. Présents en grande quantité dans la plante, l’équipe de l’Institut de chimie des substances naturelles du CNRS, dirigée par le Pr Pierre Potier découvre en 1979 qu’après transformation chimique il est possible d’obtenir de la vinorelbine.

Dix ans plus tard cette molécule très efficace dans le traitement des cancers des bronches, du poumon et du sein obtient une AMM (autorisation de mise sur le marché), suivie, cinq ans plus tard, de son équivalence américaine.

Pendant des siècles, le monde végétal a été la seule source thérapeutique à la disposition des humains. Aujourd’hui encore, 30% des médicaments prescrits proviennent de la synthèse ou de l’extraction des substances actives des plantes.

   
  > retour