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Jacques Weber : biodiversité et économie

Jacques Weber, économiste, biologiste et anthropologue, est membre du Comité de Veille Écologique. De la nappe en tissu au fromage, en passant par la charcuterie, il nous donne une vision générale de la biodiversité et des services qu’elle nous rend, tout en nous expliquant le rapport entre cette diversité et la crise économique actuelle.

En effet, la valeur de la plupart des ressources est limitée au coût de leur extraction et de leur commercialisation, et de nombreuses ressources sont en accès libre, ce qui conduit inéluctablement à la disparition du potentiel naturel et des activités économiques qui y sont liées. Il faut donc trouver les moyens de redonner une valeur intrinsèque aux éléments de la nature que nous utilisons, de façon à ne pas les surexploiter, et investir massivement dans la maintenance du potentiel naturel à long terme. C’est le seul moyen de maintenir l’ensemble des services écologiques que nous retirons de la nature, tels que la pollinisation, la purification de l’eau, le recyclage de l’atmosphère, sans lesquels nous ne pourrions pas vivre.

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Yves Paccalet

Yves Paccalet est naturaliste et philosophe.

La biodiversité qui le fait rêver, c’est celle qu’il a connue lorsqu’il était enfant : les fleurs au bord des chemins, les papillons, les grenouilles de la mare et le vol des libellules. À ses yeux, cette biodiversité de tous les jours est aussi importante que les baleines, les tigres et les éléphants.

Il nous parle de l’Homme comme un embryon de la planète Terre qui est en train de détruire sa mère. Si l’on fait changer les conditions de vie dans l’océan, le plancton marin va disparaître et ne jouera plus son rôle d’épurateur de l’atmosphère. De même pour les insectes butineurs, qui assurent 80% de la fécondation des fleurs produisant les fruits et les légumes. Si l’Homme fait disparaître les abeilles, il se met en danger lui-même.

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Francis Hallé

Francis Hallé est botaniste, spécialiste des arbres

Pour lui, la biodiversité, c’est celle des arbres. Contrairement à un être humain, dans lequel toutes les cellules ont exactement le même génome, un arbre d’âge respectable est une colonie d’individus élémentaires, chacun ayant son propre génome. Cette diversité génétique permet probablement à l’arbre de mieux s’adapter en cas de changement climatique.

Les arbres sont potentiellement immortels. Ils n’ont pas de programme de sénescence : s’ils meurent, ce sont pour des raisons externes (le froid, le feu, un parasite…). Pour fabriquer leur bois, ils concentrent les polluants de l’air, notamment le CO2 : ce sont de véritables usines d’épuration. D’où l’importance de les préserver.

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Hervé Le Bouler, forestier

La biodiversité, c’est le nombre de cartes dans un jeu de cartes : plus on a de cartes et plus on peut jouer de parties, plus on a la possibilité de répondre à la somme des besoins humains, dans des situations qui sont de plus en plus complexes.

Le bois est un bon exemple de l’utilité pour l’homme de la biodiversité : sans biodiversité forestière, pas de forêt ; sans forêt, pas de bois ; et sans bois, pas de maisons ni de meubles. Chacun doit prendre conscience de l’importance de la biodiversité et essayer de la favoriser chez lui : on peut créer un monde dans un pot de fleur sur un bord de fenêtre.

 
Pierre Mollo, biologiste, spécialiste du plancton.

Sans plancton, la vie serait difficile pour notre planète. Présent depuis 3,5 milliards d’années, le plancton végétal fournit la plus grande partie de l’oxygène que l’on respire. Il est à la base des chaînes alimentaires marines puisqu’il sert de nourriture au zooplancton que mangent ensuite les poissons. Ainsi, le plancton d’aujourd’hui, c’est les protéines qu’on trouvera dans la mer dans 20 ans.

Les microorganismes du plancton sont très fragiles : une mauvaise épuration des eaux urbaines ou des pratiques agricoles trop intensives peuvent, en altérant la qualité des eaux, perturber l’ensemble de l’écosystème.