Les enfants à la découverte de la biodiversité de leur ville !
Plus des trois quarts de la population française vit en milieu urbain et le concept de Nature est généralement associé exclusivement au monde rural. Aussi les urbains ne sont-ils pas toujours conscients de la présence de la Nature en ville et de sa diversité, au-delà des parcs, jardins et autres espaces verts où ils côtoient une nature plus ou moins gérée. C’est pourquoi l’observation de la biodiversité peut nous ramener à percevoir la Nature autour de nous.
Face à ce constat, la Fondation Nicolas Hulot s’est proposée de réfléchir à une démarche permettant aux citoyens urbains, et plus particulièrement aux jeunes générations, de renouer le contact avec le monde vivant qui les entoure au quotidien. La Fondation, en partenariat avec une équipe de recherche du Muséum national d’Histoire naturelle, a proposé un projet expérimental, sur le thème de la biodiversité des plantes en ville, à 20 écoles pilotes réparties sur les xie et xiie arrondissements de Paris.
Cette opération, qui s’est déroulée sur les deux premiers trimestres de l’année scolaire 2007-2008, a consisté à associer des enfants de maternelle et primaire à un projet de recherche sur les flux de graines en milieu urbain. Le projet, intitulé « Captograines », visait à mettre en évidence la circulation des graines dans l’air du printemps et de l’été 2007 et s’appuyait sur un réseau d’observateurs volontaires adultes, réseau auquel les écoles se sont jointes. Le protocole expérimental mis au point par l’équipe de recherche a été adapté pour les scolaires : il s’agissait de déposer un bac de terre « stérile » (dépourvues de graines) dans chaque cour d’école, d’y observer régulièrement les plantes qui y germeraient et de relever rigoureusement un certain nombre de données associées à ces pousses. Les données et photos prises devaient être ensuite communiquées au Muséum pour traitement et analyse, notamment pour déterminer les plantes qui avaient poussées… Dans un but pédagogique, deux autres bacs ont été joints aux bacs expérimentaux : un bac « témoin » rempli de terre stérile que l’on a couvert d’un film plastique et un bac rempli de terre de jardin contenant donc des graines en attente de germination.
La découverte du monde vivant faisant partie intégrante des programmes scolaires, les professeurs ont pu aisément insérer le projet « Captograines » dans leurs enseignements. Ainsi, certains ont développé des projets plus complets en s’intéressant au cycle de développement des plantes, aux espaces verts environnants, à la protection de la nature, à la citoyenneté… Tous les enseignants se sont impliqués sur cette thématique malgré les déconvenues expérimentales qui pouvaient survenir : on ne pouvait prévoir en effet si des graines allaient se déposer dans le bac expérimental, quelles plantes et en quelle quantité ! Heureusement, le bac qui contenait de la terre de jardin, et donc des graines, a souvent permis d’assouvir la curiosité de ces jeunes observateurs.
Suite à la mise en œuvre des protocoles expérimentaux et grâce aux bilans réalisés par les écoles pilotes, les équipes du Muséum et de la Fondation pourront améliorer leurs dispositifs en vue de proposer de nouvelles opérations, enrichies de toutes les observations recueillies.
Comment est né notre engagement dans le projet « Captograines » proposé par le Muséum d’Histoire Naturelle et la Fondation Nicolas Hulot
Au travers des projets d’école successifs, notre équipe a travaillé autour de la citoyenneté et du langage depuis plusieurs années :
En parallèle, nous nous sommes intéressés aux petits animaux et aux végétaux visibles dans le milieu proche (cour de l’école, jardin municipal…), ce qui nous a conduit à participer au projet « Captograines » sur la biodiversité végétale en milieu urbain.
Trois bacs remplis de terre (stérile ou non, couverts ou non) ont été mis à notre disposition fin juin 2007. Nous les avons placés dans un retour de la cour de l’école, non accessible mais visible pour les enfants. C’est un espace ouvert où nous avions déjà observé le développement de plantes sauvages près des murs et dans les interstices du sol.
Les premières observations des bacs ont eu lieu à partir de septembre 2007.
Chaque semaine, les enfants des deux classes de grande section concernées sont allés observer les bacs et les arroser par temps sec. Dans le même temps, les adultes ont transcrit les relevés faits par les enfants et photographié les plantes.
Les élèves ont pu constater que :
Cependant, les enfants de ces classes n’ont pas été témoins de leur mise en place fin juin donc ils n’ont pas pu voir que les bacs ne contenaient que de la terre et que rien n’y avait été planté.
C’est pourquoi nous reprenons ces expérimentations pour une meilleure compréhension de la situation de départ. Ceci nous permettra aussi de reconstituer le cycle de vie des plantes sur une année voire une durée plus longue.
Projet mené dans les 2 classes de grande section de Danièle Perruchon et Valérie Pinçon.
École maternelle 4-12 Cité Souzy 75011 Paris
C’est maintenant aux chercheurs de traiter et analyser les données recueillies et transmises par les élèves !
Les observations de la classe de CE2 de l’école rue Titon (Paris xie)
Au mois de juin, la maîtresse a déposé trois bacs de terre sur le rebord d’une fenêtre de l’école . À la rentrée, nous avons observé mais rien n’avait poussé. On ne s’est pas découragé, on a arrosé comme on nous l’avait demandé mais rien rien n’a poussé, dans aucun des trois bacs. On pensait pourtant que les graines allaient voler depuis le jardin de la cité Prost qui est juste en face de l’école…
Qu’est-ce qui se passait ? les murs étaient-ils trop hauts ? faisait-il trop froid ? n’y avait-il pas assez de soleil là où étaient les bacs…? On avait envie de changer de place aux bacs mais c’était interdit alors on les a un peu oublié et puis au retour des vacances de février, on est allé voir…
Projet mené dans la classe de CE2 de Claudine Quéré.
Eh oui, presque rien n’a poussé mais voilà un résultat bien intéressant ! Les élèves sont allés au bout de leur réflexion scientifique en émettant des hypothèses qui pourraient expliquer ce résultat. Leur prochaine étape : renouveler l’expérience en changeant les paramètres d’exposition !
Un grand merci à tous nos chercheurs en herbe et à leurs enseignants pour leur implication et leurs contributions !